XII Journée Realiter

Il est possible de suivre les travaux de la XII Journée scientifique Realiter sur la page youtube du Servizo Normalización.

Paris 1993

 

Réunion préparatoire pour la création d’une commission panlatine de terminologie – Realiter

Organisation de la réunion :Délégation générale à la langue française (Union Latine)
 

Délégation générale à la langue française

13 et 14 décembre 1993

 

Résumé des conclusions et des décisions adoptées

La réunion préparatoire pour la création d’une commission panlatine de terminologie organisée par la Délégation générale à la langue française et l’Union Latine les 13 et 14 décembre 1993 a donné naissance au

Réseau panlatin de terminologie

Les participants ont exprimé leur intention de  » Favoriser un développement harmonisé des langues latines, compte tenu de leur origine commune et du fait qu’elles ont recours à des modes de formation lexicale voisins et qu’elles utilisent des formants semblables « .

Pour y parvenir, ils se sont donnés quatre objectifs spécifiques :

  • « établir des principes méthodologiques communs applicables à la réalisation des produits élaborés conjointement » ;
  • « élaborer des glossaires conjoints multilingues dans des domaines d’intérêt commun touchant la société » ;
  • « mettre en commun les matériaux de référence documentaires (y compris le contenu des cours de formation) »;
  • « favoriser la formation réciproque à travers les échanges de formateurs, d’experts et d’étudiants ».

La structure de fonctionnement et les moyens de financement des travaux du réseau ont été définis comme suit :

l’Union Latine sera l’institution coordinatrice pour 1994 ; elle produira un document de synthèse budgétisé, établira un calendrier de réalisations, lancera la structure d’échange des informations par voie télématique et sera responsable de l’organisation des deux prochaines réunions, avec l’appui de la Délégation générale à la langue française. Les participants à la réunion s’engagent à faire des démarches auprès des autorités de leurs pays afin d’aider ceux qui n’ont pas de structures de politique linguistique à se doter de telles structures, et plus particulièrement, auprès des Ministères des affaires étrangères, pour inscrire dans le budget des accords de coopération bilatéraux des missions et des travaux effectués dans le cadre du Réseau panlatin de terminologie.

Le programme d’action pour l’année 1994 comprend les actions suivantes :

  • Enquête qui devrait aboutir à l’adoption de principes méthodologiques communs, dont les conclusions pourraient être éditées sous forme d’un petit fascicule à l’intention des techniciens et des experts non terminologues (Responsable : Louis-Jean ROUSSEAU)
  • a. Glossaire multilingue des deux cents termes de l’informatique (Responsable : Loïc DEPECKER)
  • b. Glossaire multilingue de l’environnement (Responsable : Teresa LINO)
  • a. Table d’équivalences multilingue des formants accompagnés de leur valeur sémantique, de leur étymologie et des exemples (Responsable : María Teresa CABRE)
  • b. Enquête sur les inventaires des ressources terminologiques existant dans les pays latins (Responsable : Daniel PRADO)
  • Inventaire des ressources de formation et des capacités d’accueil de stagiaires en terminologie dans les diverses institutions du réseau (Responsables : María Teresa CABRE et Leticia LEDUC)

Personnalités conviées à participer à la réunion personnellement ou par écrit

- Pour la langue catalane

    • Mme. María Teresa CABRÉ I CASTELLVÍ (Universitat Pompeu Fabra)

- Pour la langue espagnole

  • Amérique latine
    • M. Rodolfo ALPÍZAR CASTILLO ( Centro de Traducciones y de Terminología Especializada, Cuba)
    • Mme Alicia FEDOR DE DIEGO (Universidad Simón Bolívar, Venezuela)
    • M. Luis Fernando LARA (El Colegio de México)
    • Mme Carolina POPP (Grupo Argentino de Terminología)
  • Espagne
    • Mme Amelia de IRAZAZÁBAL NERPELL (Grupo de Terminología Española, Consejo Superior de Investigaciones Científicas)
    • M. Angel MARTÍN MUNICIO (Real Academia de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales)
    • Mme Fuencisla VELAZCO (Instituto Cervantes)

- Pour la langue française

  • Belgique
    • Mme Martine GARSOU (Service de la langue française, Ministère de la Culture et des Affaires sociales, Communauté française de Belgique)
  • Canada
    • M. Malcolm WILLIAMS (Direction de la terminologie et des services linguistiques, Bureau de la traduction, Secrétariat d’Etat du Canada)
  • France
    • M. John HUMBLEY (Centre de Terminologie et de Néologie, Institut national de la langue française, Centre national de la recherche scientifique)
    • M. Bernard QUEMADA (Conseil supérieur de la langue française)
  • Québec
    • M. Jean-Claude BOULANGER (Centre international de recherche en aménagement linguistique, Faculté de lettres, Université Laval)
    • Mme Gisèle DELAGE (Office de la langue française, Gouvernement du Québec)
    • M. Louis-Jean ROUSSEAU (Office de la langue française, Gouvernement du Québec)
  • Suisse
    • M. Rolf MOOS (Section de terminologie, Services linguistiques centraux, Chancellerie de la confédération suisse)

- Pour la langue italienne

    • M. Giovanni ADAMO (Ass.I.Term.)
    • M. Giovanni NENCIONI (Accademia della Crusca)

- Pour la langue portugaise

  • Brésil
    • Mme Ieda ALVES (Comissão de Estudos Especial Temporária de Terminologia, Associação Brasileira de Normas Técnicas)
    • Mme Maria Carmen Romcy de CARVALHO (Instituto Brasileiro de Informação em Ciência e Tecnologia)
    • Mme Hagar Espanha GOMES (Comissão de Estudos Especial Temporária de Terminologia, Associação Brasileira de Normas Técnicas)
    • M. Antônio HOUAISS (Academia Brasileira de Letras)
  • Portugal
    • M. João Malaca CASTELEIRO (Academia das Ciências de Lisboa)
    • Mme Maria Teresa Rijo da Fonseca LINO (Centro de Estudos Comparados de Línguas e Literaturas Modernas, Faculdade de Ciências Sociais e Humanas, Universidade Nova de Lisboa)
    • M. Jacinto NUNES (Academia das Ciências de Lisboa)
    • M.Mário Augusto de Quinteiro VILELA (Faculdade de Letras, Universidade do Porto)

- Pour la langue roumaine

    • M. Ion COTEANU (Institutul de Lingvistica)

Liste des participants

  • Mme Michèle BORONI
    Universidad Simón Bolívar
    Caracas – VENEZUELA
  • Mme María Teresa CABRÉ I CASTELLVÍ
    Universitat Pompeu Fabra
    Barcelone-ESPAGNE
  • M. João Malaca CASTELEIRO
    Academia das Ciências de Lisboa
    Lisbonne-PORTUGAL
  • M. Loïc DEPECKER
    Délégation générale à la langue française
    Paris-FRANCE
  • M. Alfonso DE SILVA
    Union Latine
    Paris-FRANCE
  • Mme Maria do Céu Carvalho DRUAIS (observateur)
    Délégation du Portugal auprès de l’UNESCO
    Paris-France
  • Mme Violette DUBOIS
    Délégation générale à la langue française
    Paris-FRANCE
  • Mme Débora FARJI
    Union Latine
    Paris-FRANCE
  • M. John HUMBLEY
    Centre de Terminologie et de Néologie
    Villetaneuse-FRANCE
  • Mme Leticia LEDUC
    Organización Mexicana de Traductores
    Mexico-MEXIQUE
  • Mme Maria Teresa Rijo da Fonseca LINO
    Universidade Nova de Lisboa
    Lisbonne-PORTUGAL
  • Mme Anne MAGNANT
    Délégation générale à la langue française
    Paris-FRANCE
  • Mme Gina MAMAVI
    Délégation générale à la langue française
    Paris-FRANCE
  • Mme Maria Tereza NETTO-MARIANO (observateur)
    Délégation du Portugal auprès de l’UNESCO
    Paris-FRANCE
  • Mme Severina PARODI
    Accademia della Crusca
    Florence-ITALIE
  • M. Daniel PRADO
    Union Latine
    Paris-FRANCE
  • M. Bernard QUEMADA
    Conseil supérieur de la langue française
    Paris-FRANCE
  • M. Philippe ROSSILLON
    Union Latine
    Paris-FRANCE
  • M. Louis-Jean ROUSSEAU
    Office de la langue française
    Québec-CANADA
  • M. Marius SALA
    Institutul de Lingvistica
    Bucarest-ROUMANIE
  • Mme Fuencisla VELAZCO (observateur)
    Instituto Cervantes
    Paris-FRANCE
  • M. Mário Augusto de Quinteiro VILELA
    Universidade do Porto
    Porto-PORTUGAL

Lundi 13 décembre

Séance d’ouverture

 

Madame le Délégué général à la langue française, Anne MAGNANT, ouvre la séance en souhaitant la bienvenue à tous les participants et se réjouit de voir réunis autour de la table des représentants d’un grand nombre de pays de l’Union Latine ou, du moins, des quatre coins de l’Europe. Elle souligne le travail fait par Philippe ROSSILLON, en tant que Secrétaire général de l’Union Latine, pour diffuser l’idée d’une solidarité latine, et le rôle que peut jouer la revue Terminometro pour permettre de travailler ensemble dès maintenant, sur la base des contacts qui ont souvent déjà été établis entre les spécialistes des différents pays. Mme MAGNANT appelle à  » mettre sur la table toutes les questions qui nous préoccupent pour essayer de cerner toutes celles que nous pouvons traiter en commun dans les langues latines, et à partir de là, essayer de voir aussi, dans chacun de nos pays, nos différentes expériences, puisque c’est la première fois qu’une réunion de ce type a lieu « . La France a beaucoup d’expérience en matière de politique linguistique, en matière d’aménagement terminologique, en matière d’enseignement des langues, en matière de normalisation technique, mais dans les autres pays il y a des recherches, des résultats, des expériences qu’il serait tout à fait intéressant d’échanger. Elle souhaite qu’à l’issue des deux journées, un programme d’action soit mis sur pied et que des projets concrets à mener en matière de vocabulaires spécialisés, ou de banques de données terminologiques, ou de manuels de méthodologie ou d’histoire croisée de nos langues soient établis ; que ces journées soient suivies d’autres journées dans lesquelles sera précisé le programme de travail et qui permettront de faire le point sur les actions qui auront été menées. Puis, elle donne la parole à Monsieur ROSSILLON.

Le Secrétaire général de l’Union Latine déclare qu’il concrétise un rêve ancien, celui de  » faire de la terminologie dans les langues latines entre latins et nous rendre des services mutuels, des services mutuels qui ne sont pas seulement des services matériels mais aussi intellectuels puisque, nos langues procédant toutes du latin, elles ont en commun beaucoup de choses qui nous permettraient de choisir les mêmes néologismes « . Il souligne le besoin de se rapprocher, de partager les difficultés et les réflexions, et dans ce sens, il donne l’exemple de la création de l’association roumaine de terminologie, TermRom, à Bucarest, dont l’un des principaux projets de travail consiste en l’élaboration de vocabulaires spécialisés quadrilingues (anglais, français, roumain et russe) et qui compte sur l’appui d’institutions françaises, canadiennes, québécoises et catalanes. Il évoque également un autre rêve encore plus  » insensé « , celui de créer une grande banque de terminologie ibéro-américaine (anglais, français, espagnol et portugais). Monsieur ROSSILLON termine son allocution en conviant tous les participants à rêver à cette entreprise d’un rêve efficace qui se traduise par la tentative de convaincre leurs gouvernements respectifs de l’intérêt que représente la terminologie pour leurs pays. Il remercie Madame le Délégué général et encourage les participants à oeuvrer pour bâtir ensemble un projet terminologique.

Conférences

Panorama des activités d’aménagement terminologique et de néologie

 

La situation de la langue française

 

  • Délégation générale à la langue française

Loïc DEPECKER déclare que cette réunion est attendue depuis longtemps car la Délégation générale à la langue française n’était pas encore en mesure de répondre à une demande de cet ordre-là, alors qu’en 1993, il y a eu des avancées très importantes. La « colonne vertébrale » du travail de la Délégation est constituée par les Commissions ministérielles de terminologie, créées, à l’origine, par Philippe ROSSILLON, commissions qui émettent régulièrement des listes de termes correspondant à des domaines tels que les Jeux Olympiques ou les transports. Ces derniers sont surtout diffusés par les spécialistes ; il n’en reste pas moins qu’il faut les diffuser dans les milieux officiels. Il résume ensuite l’évolution de cette activité au sein de la Dglf, qui a commencé avec le premier arrêté de terminologie en 1973 et a donné naissance au Dictionnaire des termes officiels, qui compte près de 4 000 termes, fruit du travail de vingt commissions ministérielles et de plusieurs groupes de travail spécialisés ayant l’autorité pour statuer sur la terminologie. Un lexique de 70 mots- clés des affaires en 20 langues, dont quatre langues latines, a été également publié.

Monsieur DEPECKER fait mention également du travail réalisé pendant le Séminaire du Rint sur l’implantation terminologique, qui a eu lieu à Rouen, début décembre, d’où il ressort que trois axes de collaboration avec les universités doivent être développés, à savoir :

a) l’implantation terminologique : elle se fait grâce au Journal officiel, mais aussi par le biais d’enquêtes de terrain. Cinq enquêtes ont déjà été conduites par la Dglf ; elles ont pour but de connaître l’impact de la terminologie officielle sur les milieux professionnels et donnent beaucoup d’arguments pour mieux créer des termes et pour mieux les implanter : certains termes passant mal, un travail de diffusion approfondi est nécessaire. Il existe une dichotomie entre les usages écrits -les termes officiels sont utilisés, s’ils sont connus, mais les termes anglais sont le plus souvent déjà là- et les discours oraux, dans lesquels ce sont plutôt les anglicismes qui passent. Il faut donc s’interroger sur d’autres moyens de diffusion de la terminologie française officielle. Un des projets est de faire en sorte que les universités puissent aider aux travaux des commissions terminologiques, qui ont bien sûr leur intérêt puisqu’elles ont l’autorité pour statuer sur les termes ; au sein des universités il y a des étudiants et des chercheurs qui peuvent participer à la création, à la recherche terminologique, et à sa diffusion.

b) les attestations terminologiques : un grand travail a déjà commencé à être fait avec les universités, en 1993, à propos des occurrences dans les revues et journaux. En effet, les professionnels ont besoin de créer des termes au cours de leur travail, souvent pour les usages écrits, ce qui entraîne un processus naturel de francisation qu’il s’agit d’aider, voire d’accélérer. D’autre part, les attestations sont nécessaires pour voir quel est l’impact des décisions officielles dans l’usage réel ; on s’aperçoit, par exemple, que dans les revues d’informatique les termes officiels sont très présents et ont bien pris.

c) la création d’un réseau national de terminologie : il est indispensable de créer en France un réseau national de terminologie afin de permettre d’échanger des données terminologiques entre universités, car le travail est à présent très éparpillé, le but étant de mettre en rapport les travaux terminologiques qui y sont menés : on peut envisager de créer rapidement des dictionnaires informatisés par simple échange des données. Ce travail fait avec les universités devrait s’étendre après aux laboratoires de recherche et aux entreprises pour constituer de petites bases de données reliées, plutôt que de créer une très grande banque de données dont la conception est aujourd’hui dépassée. De cette façon, il y aurait une meilleure diffusion de la terminologie en France.

Pour conclure, Monsieur DEPECKER souligne le besoin d’intensifier les liens avec le Rint et avec les autres langues latines, et de proposer aux utilisateurs des actions en commun, sur la base des actions menées en France depuis plus de 20 ans.

  • Centre de Terminologie et de Néologie

John HUMBLEY brosse un tableau de la recherche terminologique en France, en passant en revue les quatre orientations habituelles du travail terminologique : a) la normalisation technique, b) la traduction scientifique et technique, c) la documentation, et d) la terminologie subordonnée à des besoins politiques (surtout dans les cas où il existe un phénomène de minorisation linguistique ; en matière de sciences et techniques, toutes les langues sont minoritaires vis-à-vis de l’anglais).

a) la normalisation technique : les francophones sont peu présents dans ce domaine, de même que les autres latins, contrairement aux universitaires américains. Ainsi, un professeur de l’Université de Rennes II a été le seul représentant de la francophonie à la dernière réunion du Comité technique de l’ISO. Cette situation risque de porter préjudice à la francophonie et aux autres langues latines dans l’élaboration des nouvelles normes. Par contre, il reconnaît que la France joue un rôle fondateur depuis le début du siècle dans le domaine de l’électronique, dans le cadre du Comité électrotechnique international (CEI).

b) la traduction : il s’agit d’un dossier bien connu des universités françaises. En plus des universités de Rennes II et de Lyon II bien connues, des équipes de recherche travaillent dans les universités de Paris III et VII, qui possèdent des groupes d’étude linguistique et terminologique, ainsi qu’à Besançon et à Nancy, où la terminologie est liée à la lexicologie. En outre, de nombreuses universités françaises ont, depuis plus de 15 ans, des cycles de formation de langues étrangères appliquées (LEA), contrairement à la tradition française d’études de langue et civilisation. Cette nouvelle filière d’enseignement offre deux orientations, soit la traduction, soit le travail dans une discipline spécialisée, souvent le commerce. Elles s’évertuent également à proposer une formation à la recherche. Le potentiel français est donc considérable d’autant plus qu’il existe des groupes de recherche sur les outils informatiques d’aide à la traduction et à la terminologie. Par exemple, l’université de Rennes II possède des outils performants de traitement de textes utilisés à des fins terminologiques, l’AFNOR a constitué des banques de données terminologiques, et le CTN évalue de façon permanente les logiciels de gestion terminologique disponibles en France et à l’étranger.

c) la documentation : les recherches en documentation et en terminologie sont des recherches parallèles plutôt que conjointes. En effet, toutes deux structurent des domaines : la terminologie fournit les termes, la documentation les documents. Il existe plusieurs groupes de recherche. Depuis quelques années, à l’Institut de Sciences politiques de Paris, le Groupe de recherche en linguistique et documentation réfléchit sur l’interstice documentation/terminologie, tandis qu’à l’INALCO, le CRIM travaille sur une mise en parallèle entre les techniques de la documentation et celles de la terminologie dans l’optique du transfert des connaissances. La France a un retard à rattraper par rapport aux américains qui ne s’intéressent pas à la terminologie pour des raisons politiques ou pour les besoins de la traduction, mais pour aider à la nouvelle organisation du travail au sein de l’entreprise. Il s’agit pour eux de mieux contrôler la qualité des produits et d’établir une nouvelle division du travail, de savoir comment le monde de l’entreprise et les systèmes experts opèrent à partir des termes. Il faut donc établir les termes indispensables au fonctionnement de ces systèmes experts.

d) la terminologie subordonnée à des besoins politiques : la France fait des progrès rapides dans ce domaine et, d’ailleurs, l’application politique de la terminologie est bien connue de tous les présents. Monsieur HUMBLEY souligne la nouvelle collection Politique linguistique qui publie des ouvrages non seulement sur la politique linguistique mais aussi sur les études de l’aménagement de la langue elle-même.

  • Office de la langue française du Gouvernement du Québec

Louis-Jean ROUSSEAU explique que l’objet de l’OLF, au Québec, est celui de défendre le français dans un continent angliciste, et qu’il détient un triple mandat : veiller à la généralisation de l’usage du français dans les milieux professionnels, définir et conduire une politique spécifique en matière de recherche linguistique et terminologique, et comme corollaire, remplir une fonction de contrôle.

Monsieur ROUSSEAU développe le deuxième mandat qui s’exerce dans le cadre de la francisation des entreprises. Les travaux de l’OLF dans ce sens se font aussi bien sur le corpus que sur le statut de la terminologie, et ce depuis le début des années 70. Jusqu’à présent, l’OLF et ses partenaires ont élaboré environ 400 lexiques, dictionnaires, manuels et ouvrages de toutes sortes. Au fil des ans, l’ Office a créé un réseau franco-québécois de néologie scientifique et technique, qui s’est transformé ensuite en Réseau international de néologie et terminologie (Rint), dont le principal programme pour les années à venir consiste en un projet de veille néologique et terminologique.

L’OLF produit aussi des outils d’implantation terminologique destinés aux travailleurs de base. Il y a encore quelques années, les grandes entreprises disposaient toutes de services linguistiques qui s’occupaient particulièrement de terminologie. Aujourd’hui, en raison de la crise économique, ce sont des centaines de langagiers issus de l’enseignement de la terminologie ou de la traduction qui travaillent dans des cabinets indépendants en collaboration avec l’Office.

L’Office a également un rôle de normalisation terminologique. Il a créé une commission centrale de terminologie et des commissions ministérielles qui ressemblent comme des cousines aux commissions françaises. Les termes normalisés deviennent obligatoires dans l’administration québécoise, dans les lois ou règlements, et dans les manuels d’enseignement.

Afin de mettre à la disposition des entreprises une terminologie en français, il a fallu rassembler rapidement tout ce qui existait, en plus des travaux de l’Office, et produire des outils pour éviter le dédoublement des travaux. C’est ainsi qu’est née la banque de données terminologiques de l’OLF, la BTQ. Elle a plus de 700 abonnés (langagiers, producteurs de documentation scientifique et technique, publicitaires, etc.) et sera diffusée par DOC à partir du printemps 1994. Elle comporte plusieurs fichiers qui totalisent 850 000 fiches, un thésaurus de 5 500 domaines d’emploi, plus de 45000 titres d’ouvrages terminologiques, ainsi qu’un fichier de producteurs de terminologie (un millier environ). La fiche terminologique est bilingue anglais/français, et est cours de traduction en espagnol, comme suite à la mise en place de l’ALENA. On prévoit d’ailleurs un flux d’échanges croissant entre le Canada et l’Amérique hispanophone, d’où l’introduction de l’espagnol dans la banque et sûrement aussi dans certaines publications de l’Office. Le stockage et l’alimentation de la banque sont permanents.

La diffusion de la terminologie de l’OLF se fait surtout par le biais de publications, mais il existe aussi un service SVP de renseignements téléphoniques qui traite environ 120 000 questions terminologiques par année, et accessoirement des questions linguistiques. L’Office a également mis sur pied un téléphone linguistique qui comporte des cassettes enregistrées pour répondre aux questions les plus fréquentes selon une liste de sujets numérotés. Dès la première année, il y a eu cent mille appels environ dans ce système.

Monsieur ROUSSEAU constate que la demande ne cesse d’augmenter, c’est pourquoi l’Office travaille au développement de toute une série d’outils informatisés à commencer par le système de dépouillement assisté par ordinateur TERMINO.

Un défi qui persiste, malgré tout le travail qui a été fait, est la grande anglicisation de domaines entiers, tous les domaines où la terminologie est nouvelle, ce qui appelle à trouver encore d’autres réponses, et notamment à mettre en place une collaboration internationale. Il faudrait arriver à être à côté des spécialistes pour devancer la demande et faire, en quelque sorte, de la prospective terminologique. Il cite Monsieur HUMBLEY qui a parlé de la nécessité de participer à l’élaboration des normes techniques, surtout en informatique.

Pour conclure, Monsieur ROUSSEAU expose brièvement le rôle du Rint et se tient à la disposition des participants pour répondre à des questions.

Questions – réponses

Severina PARODI, présidente de séance, remercie Monsieur ROUSSEAU d’avoir présenté un panorama minutieux et complet sur le travail fait au Québec et sur les menaces qui pèsent sur la langue française au Canada. Elle met en parallèle la situation en Italie et attire l’attention sur le problème de la césure informatique des syllabes, qui est faite sur le modèle anglais et qui amène les gens, et notamment les enfants, à angliciser l’orthographe.

Monsieur DEPECKER indique que ce problème est lié aux systèmes informatiques qui gèrent la langue, et qu’il est en effet intéressant de soulever la question des interactions entre les langues et les industries de la langue.

Madame PARODI ajoute que les outils étant fabriqués dans les pays anglo-saxons, les pays latins, donc l’Italie, se voient contraints de subir cette action. La France peut intervenir parce qu’elle s’est dotée d’organismes officiels qui s’intéressent à ces problèmes, contrairement à ce qui se passe en l’Italie. L’Etat italien devrait intervenir auprès des entreprises pour éviter l’implantation de matériel informatique selon le modèle anglo-saxon.

Monsieur DEPECKER propose de chercher ensemble des solutions qu’il est impossible de trouver seuls.

Monsieur PRADO fait une parenthèse dans la discussion pour présenter les documents préparés pour la réunion.

La situation linguistique en Espagne

María Teresa CABRE, qui vient de quitter l’Universitat de Barcelona pour s’incorporer à la nouvelle Universitat Pompeu Fabra, fait une présentation des activités d’aménagement et d’enseignement de la terminologie en Catalogne mais aussi dans le reste de l’Espagne, en raison de l’absence du représentant du CINDOC/CSIC de Madrid, qui s’est excusé de ne pas pouvoir participer à la réunion.

Madame CABRE se réfère donc à l’Espagne en tant qu’Etat multilingue (castillan, catalan, basque et galicien), mais qui ne dispose pas d’un plan d’aménagement linguistique d’ensemble. En Espagne, la terminologie est enseignée dans le cadre des écoles de traduction (18 facultés de traduction et d’interprétation avec cours de terminologie obligatoire) et la traduction n’est enseignée à l’université que depuis très peu de temps. Cela explique le manque de professeurs formés en terminologie. Les professeurs enseignent donc sans avoir été formés auparavant, ce qui fausse le sens de leur enseignement.

Situation du castillan : il n’y a pas d’organisme officiel pour la langue castillane malgré les nombreuses demandes dans ce sens faites aux autorités. Cependant, il existe des organismes qui travaillent en terminologie, à savoir :

a) l’Academia de la lengua : elle inclut de la terminologie dans les dictionnaires de langue générale, et notamment dans le Diccionario de la Real Academia Española (DRAE). Ce dictionnaire disposera bientôt d’une nouvelle version, informatisée.

b) l’Academia de Ciencias : en 1962, elle a créé une commission ibéro-américaine des sciences et techniques, dont la seule mais significative réalisation a été la publication, en 1990, d’un dictionnaire général des sciences et des techniques de 30 000 entrées, en collaboration avec les académies des pays latino- américains.

c) le Consejo Superior de Investigaciones Científicas (CSIC) : c’est l’homologue du CNRS français ; il a été à l’origine du projet FITRO, en 1970, pour le français et le castillan, langues auxquelles se sont ajoutées, en 1972, l’italien, le portugais et le roumain. FITRO n’a pas réalisé des actions concrètes mais a permis la création d’HISPANOTERM, qui était censé devenir l’organisme officiel pour la terminologie castillane. HISPANOTERM a traduit le manuel de Wüster en castillan. En 1981, un programme de terminologie a été établi pour la première fois au sein du CSIC : 18 groupes de recherche déléguaient des représentants à l’ICYT où se faisaient les travaux. La création, en 1985, d’un organisme officieux, TERMESP, animé par Amelia de IRAZAZABAL, que les autorités espagnoles n’ont jamais reconnu comme organisme officiel, a tout de même permis le développement d’un certain nombre d’initiatives, telles que la publication de glossaires et la création de termes.

d) l’AENOR : organisme de normalisation technique pour la langue castillane, AENOR élabore les normes UNE, qui commencent toutes par les termes du domaine, et a préparé aussi quelques normes de terminologie qui ne sont pas des adaptations des normes ISO mais originales.

Madame CABRÉ souhaiterait qu’une certaine pression soit faite sur les autorités espagnoles pour que l’AENOR participe de plein droit au CT-37 de l’ISO où, à l’heure actuelle, elle ne joue qu’un rôle d’observateur.

Situation du catalan : deux organismes officiels existent pour la langue catalane, TermCat et l’Institut d’études catalanes ; d’autre part, le rôle des universités est capital.

a) TermCat : créé en 1985, il joue un rôle de contrôle pour éviter que les travaux des différentes institutions ne fassent double emploi. Il s’occupe de la normalisation terminologique, de la formation et de la diffusion des termes officiels par le biais de petits répertoires terminologiques. En Catalogne, on accorde beaucoup d’importance à la différenciation entre normalisé et normatif. Les langagiers catalans veulent savoir si les termes sont corrects ou incorrects, d’où un partage des tâches entre TermCat et une deuxième institution, l’Institut d’études catalanes. Toutes les décisions prises par TermCat concernent la normalisation; en revanche; toutes les décisions de l’Institut se situent sur le plan de la normative. Cela veut dire qu’il existe une différence entre les termes issus de ces deux institutions.

b) l’Institut d’études catalanes : il dispose de sections scientifiques qui créent elles aussi des termes et qui publient de nombreux glossaires. Ceux-ci ne sont pas transmis au TermCat, car il y a un conflit d’autorité entre les deux organismes. L’Institut travaille à la mise à jour du Dictionnaire normatif de la langue catalane, dont 20 000 termes des 40 000 entrées nouvelles qu’il comporte touchent à des domaines scientifiques et techniques.

c) les universités, telles l’Universitat Politécnica de Catalunya et l’Universitat de Barcelona, sont très actives en terminologie. Des programmes de terminologie sont proposés, au deuxième et au troisième cycle, dans les facultés de lettres, dans les écoles de bibliothéconomie et dans les facultés scientifiques, techniques, de droit, de biologie, etc. Pour les 80 000 étudiants de l’Universitat de Barcelona, par exemple, un réseau de dynamisation linguistique a été instauré avec un noyau par école ou par faculté, et des petites équipes composées d’étudiants parfois rémunérés pour travailler sur la normalisation linguistique dans leur domaine. Disposant d’un budget et de 40 boursiers, ils publient de petits lexiques et proposent des projets à la commission centrale de l’université. Cependant, l’université est trop grande pour travailler en système centralisé ; on souhaite le décentraliser pour que tous les secteurs se sentent impliqués et pour que l’information arrive vraiment aux destinataires. En matière de recherche, l’université met en place un travail sur les outils automatiques de dépouillement terminologique, et notamment un logiciel de reconnaissance semi-automatique de la terminologie, inspiré de la philosophie du logiciel québécois TERMINO.

Madame CABRÉ est convaincue du besoin de constituer des corpus de langues spécialisées. Il existe déjà 60 millions de mots lématisés en langue générale catalane et un nouveau corpus est en voie d’élaboration pour les langues de spécialité : droit, économie, sciences médicales, administration.

Même si l’activité est très intense en Catalogne, Madame CABRE regrette l’absence d’un plan directeur général pour la langue catalane, tant sur les priorités que sur les ressources. TermCat a réuni des politiciens et des responsables pour préparer un Plan général de la langue catalane, qui comporte un point spécifique sur la terminologie, mais ce dernier n’a pas encore été approuvé par le Parlement.

Situation du basque : l’organisme le plus actif, UZEI, est privé et non pas officiel. Il gère la banque de données EUSKALTERM et publie des glossaires qui ne sont pas bien acceptés par l’Académie de la langue basque, qui est, quant à elle, l’organisme officiel de référence. L’Académie a pour but, dans un premier temps, de codifier la langue basque, puisqu’il n’existe pas encore de dictionnaire normatif de cette langue. L’Institut de l’Administration du Pays Basque travaille sur la langue administrative dans le but de publier un journal officiel bilingue. L’Université du Pays Basque, inspirée de ce qui a été fait en Catalogne, a organisé le premier programme de formation qui prend en considération la terminologie pour la langue basque.

Situation du galicien : il existe des lexiques de spécialité, publiés dans le cadre de l’aménagement de la langue, par exemple, par l’Institut de l’Administration, mais il n’y a pas d’université qui enseigne la terminologie en langue galicienne.

Questions – réponses

A la question de Michèle BORONI sur la différence entre normatif et normalisé, Madame CABRÉ répond que les termes normalisés sont les termes soi-disant corrects, puisqu’ils ont été approuvés par une commission du TermCat, commission qui est constituée par des experts, des spécialistes, des représentants des usagers, avec la participation de l’Institut d’Etudes Catalanes. Cependant, ces termes ne sont pas encore considérés par l’Institut d’Etudes Catalanes comme étant « propres » parce qu’il faut encore les faire circuler et suivre leur implantation dans l’usage. En revanche, si les termes sont issus directement de l’Institut d’Etudes Catalanes, qui joue le rôle d’une académie de la langue, ils deviennent tout de suite « normatifs ».

Monsieur DEPECKER déclare que le problème du normatif et du normalisé se pose aussi en France. La procédure de concertation avant qu’un terme soit normalisé est longue, et lorsqu’on met à disposition un terme normalisé, il est parfois trop parfait pour que les gens l’utilisent. Le besoin immédiat est surtout devenu de mettre à disposition des données de travail. En ce qui concerne l’importance que peuvent avoir les autorités linguistiques, en France, il existe plusieurs institutions, l’Académie française, le Conseil supérieur de la langue française et la Délégation générale à la langue française , qui travaillent en concertation. La Dglf travaille ainsi avec l’Académie française en lui demandant de façon régulière son avis. L’Académie française intègre, de son côté, des termes officialisés, tels qu’épinglette, baladeur ou billet ouvert, dans ses dictionnaires. Les liaisons sont très étroites également entre les Commissions ministérielles de terminologie et l’AFNOR. Cette coopération a permis la constitution d’une base de données terminologiques pluridisciplinaire, bilingue français/anglais, appelée NORMATERM ; elle comprend 100 000 termes extraits des normes techniques françaises et internationales, ainsi que des termes issus des Commissions ministérielles et est directement accessible par Minitel. Monsieur DEPECKER propose de faire une démonstration de NORMATERM au cours de la réunion.

Monsieur VILELA évoque l’obligation qui est faite en Suisse de traduire certains termes dans les quatre langues du pays et interroge Madame CABRÉ à ce sujet. Celle-ci explique que, selon la Constitution espagnole, l’Espagne est un Etat monolingue dans lequel il existe des Autonomies, et que chaque autonomie a sa propre langue. Monsieur ROUSSEAU affirme qu’à l’avenir l’autorégulation de la langue par l’usager prévaudra, parce que la terminologie foisonne et que les organismes officiels ne peuvent pas tout examiner et approuver. D’après Madame CABRÉ, la solution résiderait dans la différenciation entre normalisé et normatif, les spécialistes restant l’autorité morale : s’ils acceptent un terme, le public en fera autant.

Interrogé sur la différence entre normatif et normalisé, Monsieur ROUSSEAU répond qu’au Canada, en l’absence d’une Académie, l’Office est reconnu comme autorité à part entière, et qu’il n’y a pas de double autorité, et donc pas de conflit de normes. Les linguistes créent des termes lorsque l’usage ne les a pas encore créés.

En réponse à une question de Leticia LEDUC, Monsieur PRADO fait une précision concernant les liens entre l’Académie espagnole et ses homologues latino- américaines. Le dictionnaire de la Real Academia de Ciencias Exactas, Físicas y Naturales a été réalisé en collaboration avec des groupes spécialisés dans les académies latino-américaines, qui d’ailleurs n’ont pas suffisamment de ressources pour réaliser un travail complet. En dehors du Réseau ibéro-américain de terminologie (RITerm), et bien sûr de quelques initiatives bien ponctuelles, il n’y a pas de structure qui regroupe des spécialistes des langues ibériques et espagnoles.

La situation en Amérique hispanophone

  • La terminologie au Mexique

Madame LEDUC, annoncée dans la liste des participants comme membre de l’Organización Mexicana de Traductores, association créée il y a un an et demi et composée de 80 traducteurs environ, signale qu’elle représente également d’autres institutions qui s’occupent de terminologie au Mexique : le Centro de Lingüística Aplicada, Multilingua, entreprise privée, et tout particulièrement El Colegio de México.

La terminologie est, d’après Madame LEDUC, encore mal connue au Mexique. La seule institution qui fait de la terminologie de façon organisée depuis une quinzaine d’années est El Colegio de México. Il a établi une formation en terminologie dans le cadre du programme de formation des traducteurs et a fait de la recherche terminologique, notamment en fonction d’un accord avec le Luxembourg ; il a créé une banque de données terminologiques et publié des glossaires dans les domaines de l’informatique, du bâtiment, des investissements. Mais malheureusement, par manque de moyens et de personnel, la diffusion de ses travaux est limitée et ses services proposés seulement aux étudiants et aux traducteurs. Un des projets les plus importants du Colegio est le Diccionario del español de México dont les travaux sont conduits par Luis Fernando LARA. Des recherches ont eu lieu également en matière de vocabulaire de l’informatique. El Colegio de México vient de signer un accord avec le Secrétariat d’Etat du Canada pour collaborer dans des projets de terminologie, et une formation animée par Claude LAINE a déjà été effectué en mai 1993.

Deux autres institutions travaillent en terminologie au Mexique :

a) le Centro de Lingüística Aplicada : créé il y a deux ans, il organise des cours soit de façon autonome, soit en collaboration avec d’autres institutions. Ce sont en général des cours de traduction qui mettent l’accent sur la terminologie. Ainsi, depuis quatre ans, un cours est organisé avec l’Ecole libre de Droit de la Ville de Mexico et animé par un traducteur-avocat qui prépare un dictionnaire juridique. A la suite de cette collaboration, la traduction a été incorporée comme enseignement optionnel dans les études de droit. D’autres cours et séminaires ont porté sur le domaine de la banque, la lexicographie, une introduction à la terminologie, etc., avec entre 15 et 20 étudiants à chaque fois.

b) Multilingua : il s’agit d’un organisme privé de services linguistiques : traduction, élaboration de glossaires, par exemple, recherche des équivalents en espagnol des termes anglais en collaboration avec les spécialistes d’une grande entreprise de matériel informatique, élaboration d’un vocabulaire officiel anglais/espagnol du libre échange, avec l’aide du Secrétariat d’Etat du Canada et du Ministère mexicain du commerce, dont la première version de 1 500 termes a déjà été publiée. Le Mexique voudrait profiter de l’expérience québécoise (dans le cadre de l’ALENA).

 

Questions – réponses

 

En réponse à la question de Monsieur DEPECKER sur l’existence d’un organisme centralisateur au Mexique en matière de politique linguistique, Madame LEDUC mentionne le projet de proposer à la Dirección General de Normas, qui dépend du Ministère du Commerce, d’effectuer des travaux de terminologie et de commencer à normaliser la terminologie.

 

Monsieur ROUSSEAU demande à Madame LEDUC si l’adoption éventuelle de toute une série de normes américaines non traduites dans le cadre de l’ALENA comme véhicule d’une terminologie anglicisée est une question préoccupante pour le Mexique, ce à quoi elle répond que le Ministère du Commerce s’intéresse à ce problème, même si pour l’instant rien ne se fait, et que donc il appuiera les efforts dans ce sens.

 

Monsieur PRADO signale que dans le MERCOSUR la situation est encore plus inquiétante car il n’existe pas de dictionnaire technique espagnol/portugais. Les brésiliens ont créé une sous-commission de terminologie au sein de la commission des sciences et techniques du MERCOSUR. Toutefois, les pays hispanophones du MERCOSUR n’ont pas encore l’équivalent de cette sous-commission.

 

 

  • La terminologie au Venezuela

Madame BORONI expose la situation de la terminologie au Venezuela, pays qui n’a ni une activité d’aménagement terminologique ni une politique linguistique reconnue au niveau officiel. De plus, les activités terminologiques sont trop peu nombreuses, n’étant développées de par quelques universités, et dans chaque université, par un nom qui lui est associé et non pas par une équipe de recherche.

a) l’Universidad Católica Andrés Bello et le professeur NUÑEZ PERDONO ;

b) l’ Universidad de los Andes, où la responsable est Carlota BERMUDES ;

c) l’Universidad Central de Venezuela, où travaille le professeur MARÍ ;

d) l’Instituto Universitario Pedagógico de Caracas, le professeur Hugo OBREGÓN ;

e) enfin, l’Universidad Simón Bolívar, que Madame BORONI présente plus en détail. Il s’agit d’une université à vocation scientifique et technique au sein de laquelle le professeur Dolores DE CASTRO a conçu et développe, depuis une dizaine d’années, une banque de données terminologiques afin de répondre aux besoins terminologiques de la communauté universitaire. L’université accueille également l’INESCO, Instituto para el Estudio del Conocimiento, qui a été officiellement créé en 1991, sous la direction d’Alicia Fedor de DIEGO.

Dans les années 1980, il semblait qu’il y avait beaucoup à faire en matière de terminologie. L’INESCO a fait du porte à porte et il a vendu aux ingénieurs du métro de Caracas un glossaire en espagnol, monolingue, qui est devenu après un thésaurus en espagnol, équivalent du thésaurus américain. En 1984 a eu lieu 1e premier séminaire national de terminologie, organisé avec l’appui d’Infoterm. En 1988, le premier séminaire ibero-américain de terminologie, réalisé à Caracas, donne naissance à RITerm, dont Madame BORONI deviendra la première secrétaire. Le Secrétariat de RITerm étant itinérant, il a été transmis en 1990 à Brasilia. Madame BORONI regrette que le réseau ne soit pas très dynamique.

L’idée d’origine était de faire de l’INESCO un institut de terminologie pour offrir des services aux universitaires, aux chercheurs et aux entreprises. Néanmoins, les autorités de l’université ayant trouvé que le projet était trop modeste, il a été élargi à l’étude de la connaissance. Les travaux qui ont été faits vont de l’adaptation de manuels de physique hongrois pour l’enseignement secondaire vénézuélien à la conception d’un logiciel pour aider les chercheurs à interroger les textes de spécialité, en collaboration avec le CREDIF, en France.

L’Université Simón Bolívar est la seule institution à donner des cours ponctuels de terminologie, d’une durée de trois mois, aux étudiants de licence. Depuis un an, la terminologie est enseignée aussi dans le cadre d’un troisième cycle en linguistique appliquée.

En ce qui concerne les institutions non universitaires, Madame BORONI souligne l’excellent travail de María Eugenia FRANCESCHI au centre de recherches de l’Instituto de Petróleo de Venezuela (INTEVEP).

Madame BORONI regrette qu’il y ait peu de communication entre les universités, ce qui fait qu’on ne sait pas exactement ce que chacun fait. Elle souhaite, par ailleurs, que les nouvelles autorités vénézuéliennes démontrent un plus grand intérêt pour la terminologie, en attendant que les difficultés économiques traversées par le Venezuela soient résolues. Elle appelle à canaliser les centres générateurs de terminologie vers les universités ou le CONYCIT, homologue du CNRS français, afin d’obtenir un appui politique. L’institut de normes techniques COVENIN génère, quant à lui, des termes techniques, mais son activité reste très réduite.

La situation de la langue italienne

Madame PARODI constate les lacunes que connaît l’Italie, et notamment l’absence d’une institution officielle d’observation et de contrôle de la création néologique. De nombreux termes nouveaux sont créés par l’industrie mais ils sont souvent en désaccord avec les règles de la linguistique.

L’Ass.I.Term. prétend coordonner les activités de terminologie scientifique et technique, et devenir un centre de référence, d’orientation et de centralisation en Italie. La tâche est difficile car le Gouvernement italien n’a jamais eu de politique précise en matière linguistique, si ce n’est la non-intervention, et il est dans l’impossibilité d’offrir des moyens aux institutions.

Malgré cela, poussés par l’avance de l’informatique, les instituts publics et privés se mettent en route pour rattraper le retard terminologique dans des domaines tels que l’informatique, les télécommunications, l’océanographie, l’agriculture, les sciences physiques, l’habitat, etc. Leur intérêt est souvent centré sur l’élaboration de thésaurus multilingues basés sur des travaux anglo-saxons.

Madame PARODI signale par ailleurs une contradiction : l’Italie n’offre pas de cours de lexicographie, alors qu’elle est le premier pays à avoir fourni un dictionnaire de la langue nationale. Elle soutient qu’il faut mettre en place une communication précise et sans ambiguïtés, mais sans renoncer à la culture italienne, et qu’il est nécessaire de faire comprendre ce besoin aux politiciens italiens. C’est pourquoi elle-même et le professeur Giovanni NENCIONI, président de l’Academia della Crusca et de l’Ass.I.Term. ont accueilli très favorablement la réalisation de cette première réunion et espèrent que le document final auquel elle donnera lieu permettra d’y parvenir.

La situation de la langue portugaise

  • Universidade Nova de Lisboa

Maria Teresa Rijo da Fonseca LINO présente les activités terminologiques développées à l’Universidade Nova de Lisboa (Uninova) et ses rapports avec d’autres institutions de formation et de recherche, ainsi qu’avec l’association de terminologie portugaise TERMIP.

En 1990, le Département de Linguistique de l’Uninova crée le premier enseignement de terminologie dans une université portugaise. Cette discipline est maintenant enseignée à plusieurs niveaux : en licence et en maîtrise, dans les cursus de linguistique et dans ceux de langues et littératures modernes. Chacune de ces filières est organisée en recherche, enseignement et traduction. Les langues concernées sont, en dehors du portugais, le français, l’anglais et l’allemand, mais aussi, en moindre proportion, l’italien, l’espagnol, le catalan et le galicien. Quant au mestrado, au niveau du troisième cycle, il comporte des séminaires de lexicologie et lexicographie, de terminologie et de linguistique informatique. Le public de ces formations est varié : étudiants universitaires, enseignants, lexicographes, professionnels des maisons d’édition, fonctionnaires de l’enseignement ou des finances, documentalistes, traducteurs, etc.

L’Uninova participe de façon active à des programmes européens, Tempus, Erasmus, Lingua, grâce auxquels elle maintient des relations étroites avec les universités de Paris 3, Paris 8, Lyon, Avignon, Thessalonique, Barcelone, etc.

Parallèlement, des formations courtes en lexicographie et lexicologie sont organisées à l’intention de l’Institut Camões, de l’Institut de linguistique théorique et informatique (ILTEC), de l’Institut franco-portugais ou de l’Association portugaise des traducteurs (APT).

Les activités d’enseignement s’articulent avec celles de la recherche, notamment dans le cadre de l’Unité de recherche de lexicologie, lexicographie et terminologie du Centro d’Estudos Comparados de l’Uninova, centre qui fait partie de la JNICT, l’équivalent du CNRS français. C’est ainsi qu’en 1983 a démarré l’observatoire des néologismes du français contemporain, qui a alimenté au fil des années une base de données. En 1988, Madame LINO a commencé un travail similaire pour le portugais et a créé la base de données terminologiques PORTerm, qui devrait permettre d’élaborer plusieurs répertoires de terminologie.

Une veille des logiciels terminologiques et des normes applicables à la terminologie est effectuée. Madame LINO manifeste son désir d’adapter au portugais le logiciel québécois TERMINO qu’elle utilise déjà.

Les axes actuels de recherche sont la terminologie de l’éducation, en privilégiant les domaines associés à la réforme du système d’enseignement portugais, puisque cette terminologie est destinée au Ministère de l’Education ; la terminologie médicale, afin d’élaborer un dictionnaire informatisé de médecine, à la demande d’un groupe de professeurs de l’Uninova ; enfin, dans le cadre du programme Lingua 5, l’élaboration d’un dictionnaire informatisé pour l’apprentissage de la terminologie du portugais langue étrangère en contexte non scolaire, celle d’un dictionnaire multilingue de la terminologie du tourisme en coordination avec l’université de Paris 3 et d’un dictionnaire bilingue grec/portugais.

Un réseau de terminologie a été constitué avec des collègues du Brésil (Ieda ALVES, Enilde FAULSTICH, Nelly CARVALHO, Maria da Graça KRIEGER), du Mozambique (Irène MENDES) et de la Guinée-Bissau (Zaida LOPES PEREIRA).

Madame LINO informe que le Centro d’Estudos Comparados peut accueillir un service qui s’occupe des problèmes d’harmonisation linguistique. Elle rappelle aussi l’existence de l’Association de terminologie portugaise, TERMIP, qui compte environ 120 membres provenant de différentes universités portugaises et étrangères, ainsi que des traducteurs.

  • Universidade do Porto

Mário Augusto de Quinteiro VILELA invite les participants à lire ses critères pour la création de nouveaux termes, qui sont présentés en annexe du document élaboré par l’Union Latine et qui leur a été distribué. Puis, il fait une présentation des cours de traduction proposés par l’université de Porto, qui couvrent tous les domaines de la langue : la langue commune, la langue de spécialité et la langue littéraire. Les étudiants élaborent des fiches terminologiques afin de constituer des mini- glossaires, réalisent un stage de six mois en entreprise et rédigent un rapport à la fin du cours.

Une petite équipe de recherche travaille en ce moment sur les dictionnaires portugais et brésiliens (les plus complets pour ce qui concerne la langue commune), et fait des repérages des termes d’actualité de la langue commune dans les journaux. Ces travaux permettent, d’une part, de déceler les concepts généraux que les dictionnaires devraient enregistrer, et d’autre part, les mots qui posent des difficultés, que l’équipe essaie de traduire, en même temps qu’elle effectue un inventaire des mots qui passent de la langue commune vers la langue de spécialité.

  • Academia das Ciências de Lisboa

João Malaca CASTELEIRO, président de séance pour l’après-midi, prend la parole pour décrire les activités de l’Académie des Sciences de Lisbonne dont il fait partie.

Il commence son intervention en regrettant que le Brésil n’ait pas pu être représenté à la réunion, car il considère que ce pays a un grand potentiel terminologique et est très actif en la matière. Il ajoute que, pour ce qui est de l’Afrique, malgré quelques intérêts ponctuels, les conditions politiques des pays lusophones de ce continent ne permettent pas de mener des recherches concernant la langue. Il rappelle d’autre part l’existence de l’Instituto Internacional da Lingua Portuguesa, créé à l’initiative du Brésil, qui n’a pas encore commencé ses activités pour des raisons d’ordre politique, dont une des tâches serait de coordonner tout ce qui a trait à la langue portugaise, dont la terminologie, dans l’ensemble des pays lusophones.

Monsieur CASTELEIRO présente ensuite le travail de l’Académie des Sciences de Lisbonne qui élabore un dictionnaire général de la langue portugaise, de 60 000 entrées lexicales. Il déclare qu’il n’existe pas encore un bon dictionnaire portugais contemporain fondé sur de vraies bases lexicographiques et regrette que l’Académie des Sciences ait peu de moyens pour mener à bien ce projet. Ce dictionnaire prétend inclure le vocabulaire scientifique et technique, qui est établi en rapport avec le Centre de linguistique de l’Université de Lisbonne. Ceci fait partie d’un projet de corpus informatisé de référence du portugais contemporain, qui concerne et la langue orale et la langue écrite, et qui s’inscrit dans le cadre du réseau européen ERC, dirigé par Monsieur ZAMPOLLI (Italie).

Certains domaines spécialisés sont privilégiés, tel que le domaine juridique en raison d’un accord avec le Ministère de la Justice, ou le domaine politique par un accord avec le Parlement, mais sont traités également, entre autres, les langages de l’informatique, de la philosophie, de la géographie, de la mode, du mobilier, de la décoration. Ce corpus comprend déjà neuf millions d’occurrences, dont un million se rapportent à la langue orale.

En outre, l’Académie étudie, depuis cinq ans, les néologismes portugais et les mots étrangers entrés dans la langue portugaise. Quatre mille mots étrangers ont ainsi été recensés dans les domaines scientifiques et techniques. Ensuite, l’Académie doit décider si elle normalise en portugais certains termes étrangers, ou si elle les intègre dans la langue lorsqu’ils sont déjà passés dans l’usage courant.

Le premier volume du vocabulaire scientifique et technique de la langue portugaise, volume qui ne concerne que le langage de l’informatique, est presque terminé mais, faute de ressources financières et humaines, le travail est momentanément interrompu.

Monsieur CASTELEIRO conclut sa présentation en insistant sur le fait que de nombreux projets restent inachevés, comme cela a été le cas pour les activités du Centro Português de Terminologia, créé au sein de l’Academia das Ciências de Lisboa. Le Dictionnaire général de la langue portugaise n’est toutefois pas abandonné et il sera vraisemblablement terminé en 1994.

Questions – réponses

Madame PARODI interroge les participants sur l’intérêt d’avoir un instrument fiable qui fournisse l’ensemble des formants savants auxquels on peut avoir recours pour la formation des termes, mais aussi les préfixes et suffixes des langues nationales. Monsieur VILELA appuie cette idée et signale que, face à une difficulté de traduction d’un terme anglais, il s’inspire des exemples français ou des informations en espagnol que peut lui fournir Monsieur CARTAGENA de l’Université de Heidelberg, en Allemagne.

Monsieur PRADO fait référence à l’intervention de Monsieur CASTELEIRO et explique l’absence regrettée du représentant du Brésil, Monsieur HOUAIS, ancien Ministre de la Culture et Président de l’Académie des Lettres. Monsieur PRADO affirme que ce pays joue effectivement un rôle très important dans les études terminologiques et signale les textes envoyés par les coordinateurs de la Commission de terminologie de l’ABNT qui figurent en annexe du document distribué aux participants. Il attire l’attention également sur le fait que la constitution d’une banque de formants est une idée qui revient très fréquemment parmi les propositions des institutions consultées pour l’élaboration de ce document, et que d’autre part, il existe déjà quelques projets au Maroc et en Belgique, par exemple.

Monsieur ROUSSEAU précise que le Dictionnaire des formants du professeur LURQUIN (Belgique) est en cours de publication et que, du moins pour le français, il constitue une base de travail très utile.

Monsieur DEPECKER constate qu’en langue portugaise les initiatives viennent surtout des universités et se montre étonné du manque d’intérêt des autorités pour la création d’un organisme officiel centralisateur.

Monsieur CASTELEIRO cite une institution publique, l’Instituto Português da Qualidade, qui a la responsabilité des normes techniques et qui produit donc beaucoup de terminologie. Auprès de plusieurs ministères, il y a également des commissions de terminologie qui, dans certains cas, travaillent même en rapport avec des institutions brésiliennes, comme c’est le cas en agriculture. Ce qui manque est donc un organisme qui fasse une coordination effective du travail.

Madame CABRE se dit impressionnée par la quantité de travail effectué au Portugal, mais aussi par le peu de coordination entre les différents groupes, et demande s’il n’existe pas d’organisme qui puisse donner des consignes de travail sur le plan national.

Monsieur CASTELEIRO répond que l’organisme officiel responsable de la langue portugaise est l’Academia das Ciências de Lisboa, mais que la difficulté de trouver des appuis financiers et l’absence d’une définition de caractère général en matière de normalisation terminologique conduisent à une situation dans laquelle chaque institution travaille, en effet, de son côté et ignore ce que font les autres. Le problème des fonds reste à régler, mais si on disposait d’un modèle de travail terminologique commun à toutes les langues latines, bien qu’adapté à chaque pays, avec des objectifs partiels réalisables à court terme, il serait possible d’atteindre des résultats concrets. Il croit que la création d’une Commission panlatine de terminologie devrait permettre cela.

Monsieur DEPECKER parle de « responsabilité individuelle et collective » et de « solidarité des langues latines » : même si les questions politiques ne pourront pas être résolues au cours de la réunion, il est souhaitable que les spécialistes de chaque langue aient la volonté de faire ce travail essentiel qui consiste à accepter d’élaborer ensemble des recommandations pour la modernisation lexicale des langues, sans pour autant vouloir exercer un pouvoir sur les autres.

Monsieur ROUSSEAU se pose la question du statut des propositions qui émaneraient d’une éventuelle commission panlatine de terminologie dans les pays où il n’y a pas d’organisme officiel spécialement mandaté pour s’occuper des questions linguistiques et suggère, en même temps, que l’existence d’une commission panlatine de terminologie pourrait stimuler la création d’un tel organisme.

Madame BORONI soutient qu’étant donné la regrettable absence de moyens, situation à laquelle est confronté également le Venezuela, il faut qu’il y ait plus de communication entre les différents groupes pour éviter de redoubler les tâches. Il faudrait aussi profiter des instruments dont ont dispose déjà, et notamment de RITerm qui devrait être redynamisé. Madame BORONI demande à Monsieur PRADO, d’une part, si l’Union Latine a essayé d’établir un dialogue direct avec les autorités des pays latins et quels en sont les résultats, et d’autre part, quelles sont les possibilités de trouver des financements auprès des organisations internationales pour des activités terminologiques.

Monsieur PRADO répond que cela a été fait dans plusieurs pays, avec des résultats différents. Ce dialogue est très difficile à établir, surtout avec les ministères de la Science et la Technologie, qui commencent à peine à s’y intéresser. Quelques initiatives réussissent, comme c’est le cas au Brésil grâce à l’IBICT, Instituto Brasileiro de Informação em Ciência e Tecnologia qui dépend du Ministério da Ciência e Tecnologia, ou en Argentine, où la Secretaría de Estado de Ciencia y Tecnología vient d’accorder son appui à la réalisation du IV Symposium Ibéroaméricain de terminologie organisé par RITerm. En Roumanie, les ministres ont très bien compris les enjeux de la terminologie, même s’il n’y pas encore d’allocation de fonds. En ce qui concerne le financement, il informe que le projet de création d’une banque de données terminologiques ibéro-américaine a été présenté auprès de la BID, auprès du PNUD et auprès de la Communauté européenne. Les possibilités de financement, pour les langues portugaise et espagnole, et en ce qui concerne l’Amérique latine, ne sont pas énormes, sauf dans le cadre du Programme Bolívar. La Roumanie et la Moldavie ont plus de possibilités auprès de la Communauté européenne que l’Amérique Latine. L’ALENA permettra peut-être de disposer de fonds supplémentaires. Aujourd’hui, on constate beaucoup d’investissements européens en Amérique Latine ; Bull et Télécom sont par exemple installés dans plusieurs pays latino-américains. On peut espérer que les entreprises soient alors un peu plus sensibles à ces questions.

Marius SALA de l’ Institut de Linguistique de Bucarest compare la situation des Moldaves à celle des Catalans ; tous deux doivent faire face à une langue qui a une supériorité économique. Et il ajoute que la Moldavie a un Ministère de la Défense de la Langue, contrairement à la Roumanie. La Commission panlatine de terminologie a un rôle important à jouer pour créer un organisme de coordination des efforts roumains en terminologie.

Monsieur CASTELEIRO propose une commission constituée, dans un premier temps, par des organismes privés et publics, ainsi que par des individus, selon les pays, ce à quoi Monsieur ROUSSEAU répond qu’il y aurait des problèmes juridiques. Monsieur ROUSSEAU demande ensuite la position de Monsieur PRADO, qui se prononce pour la création d’une commission qui établisse les règles de fonctionnement d’une future Commission panlatine de terminologie. D’après lui, étant donné qu’il est possible d’identifier les gens qui travaillent en terminologie dans les différents pays, grâce aux inventaires des ressources de plusieurs institutions, il serait souhaitable que ceux qui participeraient à l’éventuelle commission aient une représentation nationale. Les personnes présentes à cette première réunion pourraient préfigurer les modalités de fonctionnement pour l’avenir et chacun aurait la responsabilité de parler avec les autorités de leurs pays et de les convaincre de créer cette représentation nationale.

Madame CABRE déclare avoir l’impression que tous les participants pensent que la terminologie ne peut s’harmoniser qu’en ayant un centre officiel de référence, centre qui, à son avis, n’est pas indispensable. Puis, elle maintient qu’il y a de toute façon un centre de référence pour chaque langue, même s’il n’est pas officiel.

Par rapport à l’éventuelle banque de formants, Madame CABRE suggère que l’établissement du corpus pour les langues latines soit un travail partagé, même s’il faudrait un organisme pour donner des directives et coordonner les efforts de tous, sans que cela veuille dire centraliser ou négliger les autres institutions. Elle préférerait laisser de côté les problèmes de représentativité, et voir quel sera l’apport de chaque langue à la Commission panlatine.

Madame LINO pense qu’il est très important de savoir quelle sera l’institution responsable, et que, s’il est vrai qu’il ne faut pas faire un double travail, il est nécessaire de compter sur des spécialistes.

Madame CABRE avoue que les Catalans dispersent leurs efforts en ce qui concerne la constitution d’un corpus. Elle soutient qu’il faut jouer la carte de la complémentarité, du partage du travail, du moment où il y a une volonté d’échange de ressources et une mise à disposition de celles-ci.

La situation de la langue roumaine

Monsieur SALA présente l’Institut de Linguistique qui réunit plus de 80 chercheurs. Lié à l’Académie Roumaine des Sciences, organisme d’Etat crée en 1867 et qui accueille en tout quatre instituts de linguistique, cet institut joue un rôle primordial dans la normalisation de l’orthographe et de la grammaire roumaines. Ses fonctions sont plutôt celles d’un institut de recherche ; aussi, est- il responsable de l’élaboration de la grammaire et du dictionnaire d’orthographe et de morphologie de la langue roumaine, qui rassemble un grand nombre de néologismes.

L’histoire du Dictionnaire -explicatif- de la langue roumaine a été « tumultueuse » depuis sa première édition en 1906. Il comprend les mots de la langue courante, les régionalismes, des mots littéraires et des termes scientifiques et techniques utilisés dans plus d’un domaine scientifique ou dans la langue courante. Les volumes correspondant aux lettres A à T ont été publiés en plusieurs étapes, alors que les volumes manquants sont à présent en élaboration. A terme, ce dictionnaire comprendra 12 000 pages et 200 000 mots.

D’autres dictionnaires qui font partie du fonds roumain sont le Dictionnaire de la langue littéraire roumaine, en quatre volumes, le Dictionnaire de la langue moderne en un volume, le Dictionnaire explicatif de la langue roumaine (60 000 mots avec étymologie) dont une nouvelle édition est en préparation. Les dictionnaires en cours d’élaboration sont donc le Nouveau dictionnaire explicatif de la langue roumaine (100 000 mots), l’Inventaire général du lexique de la langue roumaine (240 000 noms communs et 30 000 noms propres) et un Dictionnaire toponymique.

Le problème majeur qui se pose actuellement, d’après Monsieur SALA, est celui de la modernisation du vocabulaire, comme conséquence de l’entrée de la Roumanie dans l’économie de marché. On ressent un besoin de vocabulaire dans les domaines de la banque et de l’économie, d’une part, et un désir de « reromanisation » du roumain.

Monsieur SALA affirme que les Roumains sont ouverts à toute collaboration avec les autres langues latines et exprime son désir que cette collaboration se concrétise par le biais de la récente association roumaine de terminologie, TermRom.

Compte rendu des propositions de travail commun soumises à examen

Daniel PRADO fait un bref rappel historique de l’idée de la création d’une Commission panlatine de terminologie, en précisant que celle-ci est une dénomination retenue provisoirement pour des raisons pratiques mais qu’elle peut être modifiée. Il présente ensuite le document de travail réalisé par l’Union Latine et rappelle que, s’agissant de la première rencontre formelle, l’Organisation se devait de demander à toutes les institutions spécialisées en terminologie dans les différents pays leurs points de vue et leurs souhaits par rapport à cette éventuelle commission. Le document présenté contient, ainsi, des propositions formulées non seulement par les institutions représentées autour de la table, mais aussi par des institutions qui se sont montrées intéressées par cette initiative mais qui n’ont malheureusement pas pu se faire représenter. Débora FARJI a fait une synthèse de l’ensemble de ces propositions dans la partie du document intitulée Points de vue et propositions de collaboration.

Monsieur PRADO commente alors certaines positions manifestées notamment en ce qui concerne les objectifs de la future commission, les travaux qu’elle devrait réaliser, les structures à mettre en place. Il se dit très satisfait de constater que, d’une manière générale, toutes les institutions proposent des activités et que certaines demandes reviennent en permanence, par exemple, la conduite de recherches terminologiques conjointes, les projets de veille néologique, la constitution d’une banque de formants et d’une base de données terminologiques panlatine, ou la réalisation d’un inventaire des ressources. Un aspect qui a été très souvent évoqué également est l’articulation des travaux de cette future commission avec les différents réseaux de terminologie existants.

Monsieur PRADO conclut sa présentation en signalant qu’il ressort de toutes les propositions que la Commission panlatine de terminologie devrait jouer un rôle pour « permettre de coordonner de façon plus étroite des initiatives des différents organismes qui travaillent dans le domaine de la terminologie dans l’ensemble des pays latins, facilitant ainsi le travail et la collaboration entre les réseaux existant ». Il ouvre ensuite le débat sur le document et les idées qui ont été avancées.

Discussion générale

Monsieur DEPECKER souligne l’importance de montrer ce qui a déjà été fait et de proposer des produits concrets qui puissent convaincre les différents ministères, notamment le ministère des Affaires Etrangères de ce que l’on pourrait encore faire, pour les amener à soutenir le réseau panlatin. Il suggère que l’on pourrait commencer par mener des actions symboliques -recenser les anglicismes dans les langues latines et proposer des termes équivalents, ou bien répertorier les 200 concepts de base de l’informatique- pour passer ensuite à des actions de fond et travailler sur les problèmes d’outils, d’adaptation des termes étrangers, de méthodologie, de la constitution d’une banque de formants.

Monsieur CASTELEIRO pose le problème en termes de réflexions théoriques et d’applications pratiques, et déclare privilégier les premières, notamment les problèmes généraux d’adaptation des termes étrangers ou des formants savants aux différentes langues.

Madame BORONI pense que le projet de constitution d’un mini-répertoire des deux cents mots de base de l’informatique pourrait servir aux pays ibéro-américains à analyser ce qui les sépare et en même temps à relancer l’échange entre les divers pays.

Monsieur SALA estime que les synonymes doivent être signalés (software, logiciel, programme). D’après Madame BORONI, il importe plutôt d’évaluer le contenu conceptuel de chaque terme.

Monsieur DEPECKER pense que l’exemple des langues soeurs peut aider à trouver une meilleure traduction pour certains termes. Il attire l’attention sur le besoin d’identifier les supports sur lesquels on peut compter et profite pour signaler que Terminometro, le bulletin publié par le Deuxième Programme de l’Union Latine est un très bon outil et offre un grand potentiel d’information et de diffusion. Il se dit impressionné par sa très bonne qualité en tant que revue de référence pour la terminologie en France, et comme bulletin de liaison.

Madame LEDUC soulève le problème des moyens technologiques nécessaires à la constitution et à la consultation des banques terminologiques. Monsieur PRADO dit que l’Union Latine insiste auprès de tous ses partenaires afin que la communication passe par les réseaux télématiques, qui sont dynamiques, efficaces et peu coûteux. Il propose de créer une conférence télématique pour les participants à la Commission panlatine de terminologie, à l’instar de celle que l’Union Latine a lancée pour la langue espagnole. Ce système aurait l’avantage d’épargner des voyages, ainsi que des pertes de temps et d’argent.

Madame CABRÉ fait une première synthèse des idées avancées pendant la discussion et signale les deux projets qui apparaissent comme susceptibles d’être développés en commun : une banque des formants, et de petits vocabulaires. D’un autre côté, elle souligne la nécessité de faire un inventaire des ressources, afin de déterminer quels sont les matériaux de référence.

Monsieur ROUSSEAU propose d’établir des objectifs modestes mais réalisables, sur la base de ce qui a déjà été fait.

Monsieur DEPECKER interroge Madame LINO sur sa banque des formants. Elle répond qu’ils ont été puisés dans les grammaires et les dictionnaires étymologiques, mais que ce n’est peut-être pas suffisant pour le projet actuel.

Madame CABRÉ indique qu’elle dispose aussi d’une base de données sur les formants sur traitement de texte, et propose d’en fournir des copies sur disquette. Elle annonce d’autre part la parution au mois de janvier 1994 d’un ouvrage sur la lexicologie catalane qui comporte une annexe sur les formants et leurs règles de combinaison, dont elle peut fournir également une copie.

Monsieur CASTELEIRO dit qu’il faut savoir quels sont les formants les plus productifs dans la langue scientifique et technique.

Monsieur VILELA déclare qu’il convient d’étudier les formants gréco-latins mais aussi la valeur que prend chacun de ces formants, dans les différentes langues, dans le discours de spécialité. Une éventuelle banque de formants devrait donc comporter des exemples dans la langue courante et dans la langue de spécialité.

Monsieur DEPECKER propose de faire une table de concordance entre les formants les plus utilisés dans les langues latines.

Madame CABRÉ suggère de commencer tout de suite à constituer une base de formants multilingue, avec une présentation thématique, en indiquant la valeur et la rentabilité dans les langues de spécialité et dans la langue commune.

D’après Monsieur SALA, il faut désigner un responsable du travail, définir ses objectifs, établir la méthode de travail et le délai de réalisation.

Monsieur ROUSSEAU appelle à réfléchir d’abord sur ce que sera l’organisation qui va naître de cette réunion, quelle forme et quels buts elle aura et d’analyser par la suite les différentes propositions de travail.

Monsieur CASTELEIRO, président de séance, constatant l’avancement des travaux de cette première journée, donne la parole à Monsieur PRADO pour clôturer la séance. Celui-ci annonce le programme du lendemain qui avait été laissé volontairement ouvert au moment de la rédaction de l’ordre du jour de la réunion, et qui s’est précisé après la première journée de travail. Il explique également que deux rapporteurs avaient été désignés pour synthétiser les discussions de la journée, qui n’ont pas pu faire leur rapport par manque de temps. Le rapport sera fait le lendemain.

Mardi 14 décembre

Daniel PRADO ouvre la réunion, fait un bref résumé des discussions de la veille et donne la parole à Maria Teresa CABRÉ, qui a accepté d’être la présidente de séance pour la matinée, Madame VELAZCO étant contrainte de s’absenter. Monsieur DEPECKER est désigné rapporteur.

Madame CABRE propose d’orienter la discussion autour du document de travail qui a été présenté la veille par Monsieur PRADO et fait une synthèse des points à aborder successivement pendant la journée :

a) les objectifs à fixer pour l’organisation qui sera constituée (objectifs généraux et objectifs spécifiques),

b) sa dénomination,

c) son mode de fonctionnement et ses ressources,

d) le programme de travail pour 1994, c’est-à-dire les travaux à réaliser (glossaires, banque de formants, actions de formation, principes méthodologiques, réseaux télématiques)

e) enfin, un calendrier provisionnel de réalisations.

Objectifs de l’organisation

Madame CABRE propose aux participants de lire le premier paragraphe de la page 14 du document de travail, qui résume bien, à son sens, ce que pourrait être l’objectif général de l’organisation :

« Favoriser un développement harmonisé des langues latines, compte tenu de leur origine commune et du fait qu’elles ont recours à des modes de formation lexicale voisins et qu’elles utilisent des formants semblables ».

Ensuite, elle demande l’accord des participants pour considérer ce paragraphe comme une Déclaration d’intention. Ne recueillant pas d’objections sur ce point, elle suggère d’établir les objectifs spécifiques de l’organisation qui permettront de définir ensuite les actions à mener.

Monsieur DEPECKER prend la parole pour énoncer les points fort qui ressortent de la synthèse réalisée avec Débora FARJI et Daniel PRADO sur la base des discussions de la veille :

  • le désir de faire des glossaires ensemble,
  • le besoin d’établir une table d’équivalence des formants, qui peut ne pas être une base de données mais un outil simple, utile non seulement aux chercheurs mais aussi aux techniciens,
  • la nécessité d’étudier les besoins en formation, les différents pays n’étant pas au même niveau de réflexion,
  • le travail à faire sur les questions de méthodologie.

Monsieur ROUSSEAU exprime son accord sur les objectifs énoncés mais demande à ce qu’ils soient formulés en termes d’objectifs pour pouvoir ensuite rédiger un chapitre sur les travaux à réaliser.

Madame CABRE voudrait changer la formulation de la proposition de Monsieur DEPECKER en matière de formation, en l’élargissant, et en disant: « établir une base de matériaux de référence qui pourrait comprendre, par exemple, des références bibliographiques, des programmes de formation, des outils morphologiques dans les langues romanes, etc. ». Elle voit donc une collaboration à trois volets : la création de matériaux de référence, la collaboration en matière de formation et la collaboration en méthodologie, mais elle demande à Monsieur DEPECKER de préciser ce qu’il entend par « questions de méthodologie ».

Monsieur DEPECKER signale qu’elle a oublié les glossaires, qui sont ajoutés comme un quatrième point. Pour ce qui est de la méthodologie, il pense surtout à la mise en forme des glossaires et aux questions dictionnairiques qui s’y rattachent.

D’après Monsieur ROUSSEAU, étant donné la diversité des pays représentés, il y aura naturellement une différence de consensus ; il faut essayer de trouver un dénominateur commun. L’objectif pourrait alors être énoncé de la façon suivante : « adopter des principes méthodologiques communs applicables aux travaux qui sont réalisés en commun » ; si des glossaires sont faits en commun, il devrait y avoir une méthode commune, chaque participant étant libre par ailleurs d’utiliser une autre méthode pour ses autres travaux.

En ce qui concerne les glossaires, une marche à suivre est suggérée par Monsieur DEPECKER : sélectionner les deux cents termes de base dans le domaine de l’informatique avec leurs définitions, les traduire dans toutes les langues latines, se fixer un délai de six mois et voir au bout de cette période les difficultés rencontrées.

Monsieur SALA ayant demandé de préciser les objectifs spécifiques avant de parler des réalisations concrètes, Monsieur ROUSSEAU redéfinit l’objectif concernant la méthodologie :

« établir des principes méthodologiques communs applicables à la réalisation des produits élaborés conjointement ».

Pour revenir aux glossaires, et tenant compte des discussions de la veille, d’après Monsieur DEPECKER, il s’agirait de faire des glossaires sur des domaines qui touchent la société, en fonction de quoi le principe pourrait être énoncé comme suit :

« élaborer des glossaires conjoints multilingues dans des domaines d’intérêt commun touchant la société »

Madame LEDUC demande l’établissement d’une fiche de travail terminologique.

Monsieur DEPECKER suggère l’utilisation d’une fiche minimale avec, pour champs d’information, ceux normalisés sur le plan international, à savoir : le terme, le domaine, la définition, la marque grammaticale.

Madame CABRE et Monsieur DEPECKER définissent le troisième objectif :

« émettre en commun les matériaux de référence documentaires (y compris le contenu des cours de formation) »

Madame CABRE explique qu’il s’agirait de la création d’une « base », d’une « bibliothèque », où seraient listés ou regroupés des documents de référence. Ceci répondrait à un besoin de coordination des programmes et de rentabilisation des ressources. Elle signale l’importance des programmes de formation, étant donné que les formations en terminologie dans les universités sont souvent ignorées et les programmes des cours ne sont communiqués qu’à un cercle restreint, alors qu’il y a tout intérêt à les échanger.

Madame LINO rappelle qu’elle mettra à la disposition de tous sa base de formants après publication.

Monsieur ROUSSEAU et Daniel PRADO font référence aux différents inventaires en cours en matière de ressources, aussi bien au sein du Rint que de RITerm, et suggèrent que le point des inventaires soit précisé ultérieurement dans le plan de travail.

Monsieur DEPECKER définit le quatrième objectif qui concerne la formation, et après des modifications apportées par Madame BORONI et Monsieur ROUSSEAU, il est rédigé de la façon suivante :

« favoriser la formation réciproque à travers les échanges de formateurs, d’experts et d’étudiants ».

Dénomination de l’organisation

Le consensus ayant été acquis sur les objectifs spécifiques de l’organisation, Madame CABRE propose de décider de sa dénomination.

La dénomination qui apparaît la plus évocatrice aux participants est la suivante :

Réseau panlatin de terminologie.

D’après Madame CABRE, le mot « réseau » fait penser immédiatement à l’idée d’interrelations qui est à la base de cette initiative. Plusieurs participants constatent qu’il s’agit d’une dénomination pratique qui rappelle l’existence d’autres réseaux, qui se prête mieux que celui de « commission » au discours de la coopération et qui permet de travailler ensemble dans l’immédiat. La traduction dans les autres langues latines ne pose d’ailleurs pas de problèmes. Le choix d’un sigle ne s’impose pas au premier abord, mais un consensus semble se faire autour de RPT.

Mode de fonctionnement et ressources du Réseau panlatin de terminologie

Monsieur PRADO dit que la structure du réseau sera forcément un peu complexe, car il y aura une participation double des réseaux et des institutions.

Madame CABRÉ explique sa conception des interrelations entre les membres des divers réseaux existants : un tronc constitué par le Réseau panlatin de terminologie, auquel viennent se greffer quatre branches : la Roumanie et la Moldavie ; l’Italie ; le Rint, avec ses modules par pays ; et RITerm, avec ses institutions membres.

Madame LINO demande que l’Union Latine soit l’institution qui coordonne les activités du Réseau panlatin de terminologie.

Monsieur PRADO accepte la proposition dans la mesure où c’est une responsabilité temporaire, par exemple pendant 1994, et qu’il s’agit d’un simple rôle « d’opérateur », c’est-à-dire que l’Union Latine peut assurer le suivi des échanges entre les membres du réseau par rapport au calendrier qui sera établi. Il ajoute que les noyaux de ce réseau dans les différents pays auront nécessairement des statuts différents et seront constitués d’institutions différentes selon les langues.

Monsieur DEPECKER insiste sur le fait qu’il faut mettre en avant la responsabilité et la solidarité latines, afin d’aider les pays qui n’ont pas de structures de politique linguistique à se doter de telles structures.

Ensuite, une discussion s’engage sur les différentes conceptions et propositions de fonctionnement pour la structure qui vient d’être mise en place, d’où il ressort que les objectifs devront être très modestes pour pouvoir garder des structures simples et peu coûteuses, selon le souhait de la plupart des institutions consultées. Il faut compter sur les modules déjà existants, sans toutefois hiérarchiser les réseaux.

Monsieur PRADO conclut qu’il faut se baser sur la volonté des différentes institutions de travailler ensemble. Pour aider à l’obtention des subventions, il convient de commencer par la réalisation concrète de certaines actions, qui seront ensuite présentées aux gouvernements respectifs. Reste le problème de trouver des structures politiques d’appui, auquel il sera possible de s’attaquer plus tard. L’Union Latine sera l’institution coordinatrice pour 1994 ; elle produira un document de synthèse budgétisé, établira un calendrier et lancera la structure d’échange de l’information.

Monsieur DEPECKER annonce que la Délégation générale à la langue française donnera un appui financier au Bureau de Paris de l’Union Latine, afin qu’il s’occupe de la coordination des travaux pendant 1994 et qu’il organise les deux prochaines réunions, qui pourraient avoir lieu en juin et en décembre. Au bout d’une année de travail, le projet devrait être réévalué. La Dglf peut également faire des démarches auprès du Ministère français des affaires étrangères pour inscrire dans le budget des accords de coopération bilatéraux des missions de coopération dans le cadre du Réseau panlatin de terminologie.

Monsieur VILELA souhaiterait qu’un calendrier précis soit établi dans les plus brefs délais pour que tous soient en mesure de faire des demandes de subvention auprès des Ministères des affaires étrangères des autres pays. Pour faciliter l’obtention de ces subventions, il faudrait, de plus, lors de la prochaine réunion, discuter des travaux réalisés et des difficultés apparues.

onsieur PRADO propose d’instaurer une conférence électronique, sous forme de forum, pour l’échange de messages entre deux réunions, et même pendant les réunions pour permettre la participation des personnes qui ne pourraient pas se déplacer.

En réponse à une question de Monsieur VILELA, Monsieur PRADO précise que le travail concret d’élaboration des glossaires, par exemple, doit être financé par chaque groupe dans chaque pays, par des fonds ou des moyens propres. Il y aurait ainsi deux structures : une structure de coordination constituée par la Dglf, l’Union Latine et les deux réunions annuelles, et une structure de fonctionnement constituée par les différentes institutions dans chaque pays, qui assument leurs propres frais et essayent de chercher à leur tour des financements.

Programme de travail pour 1994

Sous la présidence de Bernard QUEMADA, vice- président du Conseil supérieur de la langue française, et de Anne MAGNANT, Délégué général à la langue française, les projets de travail pour l’année 1994 sont définis, ainsi que le calendrier des réalisations.

L’ordre du jour des deux prochaines réunions sera établi dès début 1994 pour permettre aux institutions de demander des subventions. Les dates retenues pour ces réunions sont les 30 et 31 mai 1994 et les 28 et 29 novembre 1994, à la suite des réunions du Comité d’orientation du Rint. Le lieu des réunions serait a priori à nouveau la Délégation générale à la langue française, à Paris.

Monsieur PRADO enverra dès début 1994 les lettres d’invitation aux prochaines réunions aux institutions présentes à la réunion. Il fera aussi une lettre explicative sur la connexion aux réseaux télématiques des chercheurs. Il adressera parallèlement des lettres aux institutions susceptibles de financer des travaux ou des missions, accompagnées d’une documentation sur le réseau.

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Premier axe de travail : principes méthodologiques

Monsieur ROUSSEAU propose de fournir le numéro 3 de la revue Terminologies nouvelles dans lequel est présentée une enquête conduite auprès de tous les membres du Rint sur leurs méthodes de travail, enquête qui a abouti à l’adoption de principes méthodologiques communs. Madame MAMAVI distribue des exemplaires de la revue aux participants. Monsieur ROUSSEAU fournira également la fiche terminologique du Rint. A la fin du mois de janvier, il enverra des documents et une lettre aux participants à la réunion ; le délai de réponse sera de deux mois (avant la fin du mois de mars). Les conclusions de ce travail pourraient être éditées dans un petit fascicule facile à lire à l’intention des techniciens et des experts non terminologues.

Monsieur PRADO suggère que chaque institution prenne en charge la traduction des documents qui émaneront du Réseau panlatin de terminologie.

Deuxième axe de travail : glossaires

Il est décidé d’élaborer un glossaire multilingue des deux cents termes de l’informatique avec variantes par pays et par région, à partir d’une fiche, d’une liste de termes et de leurs définitions fournies par la Dglf à la fin du mois de mars.

L’objectif du glossaire ne sera pas de normaliser une terminologie, mais de diffuser la terminologie préconisée par les organismes auteurs du glossaire. Pour chaque langue, il faut rassembler toutes les variantes, faisant ainsi un glossaire de nature plutôt descriptive.

Monsieur ROUSSEAU propose l’édition sous forme de bande dessinée, ce qui aiderait à vendre l’idée, et qui inciterait à son utilisation par les jeunes: 200 termes de base de l’informatique (anglais, français, espagnol, portugais, italien et roumain). Les variations régionales demanderont, certes, un travail intense.

Monsieur PRADO dit que la liste de domaines les plus intéressants est déjà constituée, selon la demande des pays. Ce serait peut-être bien de prendre deux ou trois domaines, en commençant par l’informatique, mais en pensant déjà à un deuxième, par exemple, l’environnement.

Monsieur DEPECKER suggère que Madame LINO soit la responsable pour mettre en route le glossaire de l’environnement. Le sujet sera inscrit à l’ordre du jour de la prochaine réunion. Pour ce qui est du glossaire de l’informatique, la Dglf fera un cahier des charges, constituera le corpus et demandera aux noyaux dans les divers pays représentés au sein du Réseau panlatin de terminologie de trouver les équivalents. Il faut que le travail soit fait d’une façon similaire par toutes les équipes. La résolution des problèmes méthodologiques fait partie du projet. Les problèmes des autres langues (absence de traduction, par exemple) seront résolus par la suite.

Monsieur PRADO souligne que le rôle de la coordination est aussi de faire participer d’autres pays au réseau d’ici le mois de mai, même si cela complique l’organisation.

Monsieur QUEMADA prend la parole et déclare que le problème est de chercher les équivalents représentatifs, et non pas des mots qui ne sont que des intentions, qui n’existent pas dans l’usage, et qu’il faudrait mettre dans les fiches terminologiques un code de fiabilité pour chaque mot, en indiquant la source.

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Troisième axe de travail : matériaux de référence

Il est décidé de commencer à constituer un inventaire multilingue des formants.

Madame CABRE proposera, à la fin du mois de janvier, une table de formants en catalan à tous les participants, accompagnée d’un calendrier ; ceux-ci disposeront d’un délai de deux mois (avant la fin du mois de mars 1994) pour répondre. De cette façon, on pourra constituer une table d’équivalences multilingue, où figureront les formants, accompagnés de leur valeur sémantique, ainsi que de leur étymologie et d’un exemple.

A la fin de l’année 1994, Madame LINO pourra mettre à la disposition de tous sa banque de formants.

Monsieur PRADO propose d’échanger les catalogues des bibliothèques des différentes institutions ; il propose aussi d’envoyer fin janvier un questionnaire sur les dictionnaires terminologiques des différentes institutions. Il propose également d’élaborer un plan d’action qu’il donnera à la fin du mois de janvier pour faire un « inventaire des inventaires des ressources ». Il transmettra à Madame CABRE la banque de données élaborée par RITerm sur les enseignements en terminologie.

Quatrième axe de travail : formation

Madame CABRE fera un dépouillement de la base de données de RITerm et enverra aux membres de RITerm un questionnaire de mise à jour des informations, avec l’aide de Madame LEDUC pour l’Amérique Latine. Madame CABRÉ souhaiterait savoir quelles institutions du Réseau panlatin de terminologie peuvent proposer des formations, avec un financement par ERASMUS ou LINGUA, et quelle est leur capacité d’accueil de stagiaires. Cet inventaire des ressources de formation en terminologie sera fait dans les pays francophones par le Rint et l’Union Latine recueillera les informations concernant l’Italie et la Roumanie.

La présidente de séance donne la parole à Monsieur QUEMADA pour clôturer les travaux.

Séance de clôture

Monsieur QUEMADA prend la parole pour clôturer la réunion et déclare qu’il se réjouit de ce qui a été fait pendant ces deux jours. Il se rappelle qu’il y a 20 ans, Philippe ROSSILLON est venu le voir à propos de ce projet. Pendant 20 ans peu de choses ont été faites en commun, si ce n’est de très bonnes propositions. Aujourd’hui, grâce à la persévérance de l’Union Latine, il est possible d’aller beaucoup plus loin. Les initiatives prises, comme la création du Rint et de RITerm, ainsi que ce qui est fait dans les pays lusophones, servent à montrer tout ce que l’on peut faire ensemble. Les opérateurs de la traduction, de la terminologie et de la lexicographie peuvent faire beaucoup. Il conseille par ailleurs de parler de faire des lexiques plutôt que des glossaires, ceux-ci étant en général de petits répertoires annexés à la fin d’un ouvrage. Il ajoute que la DG XIII de la Communauté européenne s’intéresse beaucoup au développement des ressources linguistiques et a un grand programme pour les trois années à venir. Il appelle à plaider le multilinguisme, à créer une synergie très forte, en commençant par quelque chose, même modeste, comme ces deux cents mots de l’informatique. Il faut d’abord pouvoir montrer un travail, même modeste, et cibler plus large ensuite.

Alfonso DE SILVA, Conseiller spécial du Secrétaire général de l’Union Latine, Philippe ROSILLON, prend ensuite la parole en son nom pour remercier vivement tous les participants de cette belle réunion qu’ils ont façonnée. Il reprend l’idée d’attirer l’attention des gouvernements exprimée par l’ensemble des participants et rappelle que l’Union Latine, en tant qu’organisation intergouvernementale, peut jouer un rôle complémentaire à celui de la Communauté européenne, et il cite également l’aide possible des fondations privées. Il met l’accent sur le besoin des langues latines de travailler ensemble, même si « nous ne sommes pas symétriques », et de défendre « l’exception culturelle » dont on parle tant de nos jours, car elle correspond à une réalité culturelle et politique effective. Il se réjouit de voir qu’une entente pragmatique a été trouvée et que des actions spécifiques et réalistes ont été proposées pour l’année 1994.