XIV Journée Realiter
Il est possible de suivre les travaux de la XIV Journée scientifique Realiter sur la chaîne Dailymotion du Ministère de la Culture français (http://dai.ly/x6mu306).

Zélie Guével est professeure titulaire au Département de langues, linguistique et traduction,
à l’Université Laval (Québec). Elle détient un doctorat en sciences du langage de l’Université
Paris XIII et une maîtrise en terminologie de l’Université de Montréal. Son enseignement
touche principalement à la terminologie et à la traduction spécialisée. La réflexion sur le
langage du droit et la traduction juridique comme objet d’enseignement ainsi que sur la
lexicographie spécialisée du domaine occupe une importante place dans ses travaux de
recherche et ses publications. En 2003, grâce à une invitation de l’Union latine, elle a assuré
la formation de formateurs anglophones et francophones en traduction juridique et
économique à l’Université de Chisinau (République de Moldavie).

RÉSUMÉ

Comme le disait Capitant : « De même qu’il faut d’abord apprendre sa langue pour
connaître un peuple étranger, de même la langue juridique est la première enveloppe du
droit ». Dans les langues de spécialité, le terme juridique constitue sans doute l’exemple le
plus complexe et le plus riche en ce qui touche le lexique d’un domaine de savoir. Nous
nous proposons d’en explorer les diverses facettes.

Les termes juridiques peuvent d’abord être envisagés comme des désignations associées à
des concepts de droit, lesquels appartiennent à des univers culturels bien délimités. De ce
fait, quand vient le temps de nommer les concepts ou de déterminer des équivalences,
l’harmonisation des systèmes et des vocabulaires ou encore l’adaptation terminologique à
un système étranger, à l’intérieur d’une même langue ou pour des langues différentes,
accroissent la complexité. Les relations particulières qu’entretiennent les termes juridiques
avec les mots de la langue générale méritent aussi quelques observations. Par ailleurs, dans
les textes, la vulgarisation et la volonté d’utiliser des termes simples imposent leurs
contraintes tandis que la phraséologie, en particulier l’usage des bons cooccurrents verbaux
et nominaux, plus restrictive que dans la langue générale nécessite une attention spéciale
(statuer est le fait d’un juge; abroger concerne les lois, etc.).

L’exploration des diverses facettes du terme juridique que nous venons d’évoquer et la
découverte de la complexité inhérente à ces termes font partie des objectifs d’apprentissage
dans une formation au vocabulaire juridique, à l’intérieur de cours et de cursus visant à
former des traducteurs ou des rédacteurs et à les initier aux textes juridiques.

Nous examinerons chacune de ces caractéristiques culturelles, conceptuelles et linguistiques
du terme juridique, que nous illustrerons par de nombreux exemples de termes français et
d’équivalents français de termes anglais, utilisés au Canada ou ailleurs, en nous référant à
la common law et au droit romano-germanique ainsi qu’à des contextes faisant appel au
droit comparé. Plus généralement, notre analyse du sens et des usages des termes dans
une perspective de formation vise à montrer le danger que représente la croyance en
l’existence de correspondances lexicales simples entre les systèmes et les langues.

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